Poésie

T’aimer malgré tout

À toi, père violeur. À toi, fils agresseur. À toi, ami déchu que l’on s’évertue à protéger. Au frère que l’on préfère à la violente vérité.

La vie se poursuit alors que tes crimes restent impunis. Et nous n’avons jamais cessé de t’aimer.

Confus·es, attristé·es et désemparé·es. C’est ainsi que l’on s’est senti lorsqu’on l’a appris. Quand on l’a vécu ? C’était pire, on mourait. On était littéralement hors de nous pour survivre aux atrocités et aux injustices que tu nous as faites subir.

Aujourd’hui, tant d’eau a coulé sous les ponts. On te voit te reconstruire sur les pourritures que tu as laissées, que tu n’as jamais soignées, jamais traitées, jamais comprises.

Aujourd’hui, on oublie. On oublie qu’il fut un temps tu saccageais, tu frappais, tu détruisais sans pudeur celle que tu prétendais aimer. On oublie que le tribunal est passé par là, passif et sans conséquence malgré toutes les marques indélébiles que tu auras laissées sur elle. Indélébiles, oui. C’était peut-être il y a un an, 5, ou 20 ans ; elle se sent toujours aussi salie par la violence que tu as déversée sur elle.

Pendant qu’on oublie, elle essaie de vivre avec. Et elle te pardonne chaque jour.

Mais ne crois pas que ça a été simple pour nous, nous n’étions par armé·es pour faire face à ta violence, alors on a subi silencieusement à tes côtés. On t’a choisi, et on te choisira toujours, parce que tu es le seul que l’on puisse aimer ainsi.

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